Carbone AttaXe

Enfin l’air pur des Alpes, l’odeur des sapins verts, l’éclat aveuglant de la neige immaculée, bienvenue aux sports d’hiver, trois jours grignotés sur l’emploi du temps pour se mettre de la poudreuse plein le nez, taper des schuss en tremblant des guibolles et se prélasser sur les terrasses à U.V. en sirotant une mousse.

A 3200 m l’air se fait rare et les fréquentes pauses sont l’occasion de lever le nez au vent et les yeux au ciel. Les cieux oscillant d’un bleu de Prusse à un bleu cérulé au gré de la polarisation des lunettes de soleil, le tout strié de blanc : de grands coups de couteaux dans la toile céleste, des rubans de dentelle qui s’effilochent formant une étoile aux branches multiples qui se métamorphose à chaque nouveau zingue qui strie le ciel de Savoie ; Cointrin, Saint-Exupéry, Malpensa, Heathrow, Francfort ou CDG semblent tous canarder dans cette direction pour tisser un ciel de fuseaux éphémères mais toujours renouvelés. Si haut que les vrombissements des réacteurs nous épargne, pourtant un bourdonnement mécanique vient régulièrement froisser mes esgourdes toutes orientées vers le feulement régulier de la belle glisse, une méchante guêpe rouge vibrillonne sans répit, de bas en haut, d’héliport en héliport, de haut en bas, de nababs en riches skieurs, du matin au soir, elle brûle sa ration de kérosène, rejette sa dose de CO2, attire des regards envieux et quelques autres prêts à voter une taxe carbone sur le champ pour qu’au moins ces gêneurs crachent au bassinet. Et l’on s’imagine la tuyère crachant des euros, motivant tous les hors pistes pour récolter la manne… et puis tous ces euros tombant du ciel, de chaque sillage cotonneux. Silence, la bête a replongé dans la vallée, reprise de la quête de la trace parfaite… et puis penser à vérifier que mon vol de retour est bien réservé, au prix que ca coute…

Traces d'avions (l'internaute.com)

http://www.lefigaro.fr/politique/2010/03/23/01002-20100323ARTFIG00605-taxe-carbone-chantal-jouanno-se-dit-desesperee-.php

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